octobre 2011

Berbiguier porte toute l’intensité de l’humanité

C’est d’un geste qu’il porte en lui-même que Berbiguier fait surgir toute l’humanité. Jusqu’au 22 octobre, du mardi au vendredi de 14 h à 19 h et samedi de 10 h à 19 h : Galerie Ardital, 10 avenue Philippe Solari, dessins sanguines et mines de plomb. 04 42 28 78 60 et 06 03 73 08 69.Jusqu’au 29 octobre, avec Gérard Eppelé (dessins) et Héribert MariaStaub (sculptures), Galerie du Lézard, 1523, chemin de la Pierre de Feu, pastels et huile. 06 12 23 35 03.   A le voir arriver, quelque peu ombrageux, le regard porté vers un lointain dont lui seul connaît les profondeurs, on pourrait l’imaginer, solitaire, replié sur lui-même, peu enclin à la communication. Et puis, le contact se fait et alors, le regard s’adoucit, revient de ces ténèbres pour nous inaccessibles. La parole se délie. On découvre un être sensible rempli d’humilité, entre délicatesse innée et rudesse apparente, qui porte à celui auquel il s’adresse comme une bienveillance, pourtant sans complaisance. Raymond Berbiguier est ainsi. C’est dans la gestuelle ample qui accompagne chacune de ses phrases comme pour mieux en envelopper-développer le contenu, qu’on devine, plus qu’on ne découvre, le geste de l’artiste capable de dépeindre, avec une infinie tendresse, la condition humaine dans sa diversité, avec toute l’intelligence de ceux qui l’ont côtoyée au plus près. De chaque portrait, de chaque corps qu’il dissèque et révèle, surgit la part d’ombre et la part de lumière, la souffrance et la quiétude, le sourire et le désespoir, la force et la fragilité : la thèse et l’antithèse de toute l’humanité. Le visage ébauché semble d’abord illustrer le réel visible et puis dans une superposition des couches, carbone et sanguine, pastels mêlés et savamment travaillés, matières triturées, malaxées comme pour remodeler le monde, le visible se distord, se déforme, se dissout pour faire naître un autre réel sans doute, mais celui qui n’est perceptible qu’à l’acuité d’un regard exercé aux turbulences de la vie. C’est de toute la sincérité intérieure qui l’habite, de tout son être et son vécu probablement, que Raymond Berbiguier extirpe, plus qu’il ne dessine, ses personnages singuliers, d’une indicible intensité. Christiane Courbon

Anaïs Belmont : la vidéo dans l’héritage de la grande peinture

Nouveaux regards de l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence. Du 10 octobre au 29 décembre 2011, six étudiants diplômés de l’École supérieure d’Art Félix Ciccolini d’Aix-en-Provence, sont invités à s’approprier à tour de rôle l’abri du jardin de l’Atelier de Cézanne, en y exposant leurs œuvres. Ce rendez-vous, intitulé « Nouveaux regards », a été initié en 2010 par l’Office de Tourisme d’Aix-en-Provence. Michel Fraisset, directeur de l’Atelier Cézanne et Gabriel Maginier, conférencier en histoire de l’art, en ont concocté le projet qui se trouve reconduit cette année. Une initiative qui donne à ces jeunes talents l’impulsion de départ dans leur vie d’artiste, en leur permettant de présenter leurs ?uvres dans un lieu chargé de mémoire. Calendrier :Anaïs Belmont du 10/10 au 20/10.Joël Bélouet du 24/10 au 3 /11.Vernissage le 24 octobre à 18h.Younes Baba-Ali du 7/11 au 17/11. Vernissage le 7 novembre à 18h.Lionel Montenot du 21/11au 1er/12. Vernissage le 21 novembre à18h.Louise Lefort du 5/12 au 15/12. Vernissage le 5 décembre à 18h.Natacha Gomet du 19/12 au 291/. Vernissage le 19 décembre à 18h.Atelier de Cézanne 9 avenue Paul Cézanne 13100 AIX EN PROVENCE 04 42 21 06 53www.atelier-cezanne.comwww.ecole-art-aix.fr     Dans l’immaculé d’un drap harmonieusement disposé, se love une belle dormeuse qu’on croirait immobile, flottant dans l’espace, comme en apesanteur . On est, derrière le rideau noir qui voile l’accès au cabanon du jardinier Vallier, dans une autre temporalité, des questionnements nés dans les siècles passés et traités de façon contemporaine : Anaïs Belmont propose une œuvre d’une infinie poésie, d’une picturalité proche de celle de la peinture. Une photographie ? Approchons-nous et prenons le temps. Ce temps sur lequel Anaïs a décidé de s’attarder… Baignés de sérénité, concentrés et retenant notre souffle, nous percevons alors celui, régulier et discret, qui anime le sommeil léger dans lequel le modèle est plongé. Le modèle est bien vivant.Anaïs raconte comment lui est venu le déclic : « Un jour, j’ai trouvé un ami, endormi dans une position picturale. Le poing levé comme pour un départ en guerre, mais le visage apaisé. Il évoquait un tableau. Cela faisait quatre ans que je travaillais la peinture et je n’avançais plus. Je me suis dit : je dois m’orienter vers la vidéo. » Faire mûrir le projet… Il lui a fallu résoudre les questions matérielles basiques. Le nu, sa sensualité, mais une certaine pudeur du sommeil. D’où l’idée, pour voiler la nudité, du drapé que la lumière est venue modeler : la peinture arrivait, dans la veine des baroques, dans l’exploration des clairs obscurs, une filiation plus ou moins consciente dans la droite ligne du Caravage, de Georges de La Tour. La peinture baroque traitée par un médium contemporain. Un travail d’une grande exigence pour la jeune artiste, mais l’exigence est aussi du côté du spectateur : il faut savoir patienter, curieux, guetter parfois le battement du cœur dans la jugulaire. Anaïs a conçu 7 dormeurs. Projetée à taille réelle, l’œuvre est émouvante. Christiane Courbon.

Suite Arlésienne

Exposition présentée du 12 octobre au 26 novembre 2011   Gabriel Delprat • Gérard Eppelé  •Michel Houssin • Heribert Maria Staub   Présentation de l’exposition   Qui sont-ils ? Où vivent-ils ? Que font-ils ? Pourquoi les avoir rassemblés sous ce titre factice de Suite arlésienne, plus musical que plastique ? Autant de questions auxquelles les expositions présentées à ARTEUM, à la Galerie Alain Paire et à la Galerie du Lézard à Aix-en-Provence apporteront, nous l’espérons des réponses. Celles-ci appartiennent aux visiteurs dans ce partage entre création et regard en miroir, dans l’échange fructueux du dialogue, de la pensée intime.                Pour nous y aider, je voudrais particulièrement insister sur la «nécessaire» et enrichissante lecture des écrits critiques de Florence Laude et Alain Paire qui témoignent tout autant des hommes, de leurs ateliers que de leurs travaux.                La résidence de ces quatre artistes aux confins des Bouches-du-Rhône, vaste département s’il en est, s’est avérée la première raison du montage de cette exposition, qui se veut « thématique » suivant le principe adopté par ARTEUM depuis ces dernières années. Dans ces « limites » élargies à la Camargue, peu de liens se tissent entre les artistes sinon la présence d’Actes Sud comme pôle culturel et soutien à la création. La « Lumière du Midi » et de la présence tutélaire de Van Gogh n’est pas, non plus, une explication de regroupement. Dés lors cette Suite arlésienne quoique géographique peut paraître factice !             Par la suite, en (re)découvrant des travaux plus anciens des uns et des autres autour du corps et du portrait, l’exigence commune d’une pratique quasi ascétique du dessin sur un papier savamment choisi en fonction du trait à y déposer (allant pour Gabriel Delprat jusqu’à la nécessité matérielle et formelle de créer son papier en terme de « support et de surface », richement rehaussés à l’encre ou à l’acrylique), notre choix s’est confirmé. Dans cette Suite, la sculpture vient en « contrepoint ». Elle accompagne par son volume, d’une expressivité particulière à Heribert Maria Staub, cet ensemble dans un tête à tête que nous avons souhaité élargir aux formes et aux animaux qui peuplent la Camargue autour de son atelier.  La présence des artistes est forte, qualitative et amicale. S’il nous est donné de temps à autre de voir ici ou là leurs travaux, de les croiser dans les vernissages aixois ou marseillais, les avoir réunis sur trois lieux aixois est une conjonction et un bonheur à la fois, que nous espérons partager avec vous.         Cette exposition est réalisée en partenariat avec la Galerie du Lézard ainsi qu’avec la Galerie Alain Paire.www.galeriedulezard.blogspot.comwww.galerie-alain-paire.comRetrouvez également des informations sur le site de  Florence Laude : http://imagesentete.blogspot.com    Documents à télécharger Catalogue de l’exposition   Articles de Presse  

Retour en haut