François de Asis, Yves Bonnefoy : c’est une histoire qui remonte au début des années 1990. Le peintre éprouve une admiration profonde pour le poète. Une admiration qui a donné lieu à une rencontre, puis à une amitié au point d’aboutir à un travail en commun, la réalisation d’un livre, « La pluie d’été », des variations sur le thème du « Barrage Zola », qui accompagnent de nouveaux poèmes… Donner à vivre, réinventer un espoir, tel est le credo que l’invité des Ecritures croisées, ce dernier week-end de novembre, a largement développé, à la Cité du Livre, dans un amphithéâtre bondé. Credo que François de Asis emprunte depuis longtemps comme la voie -la voix- de sa peinture, faite d’immédiateté, de relation intime et de proximité avec le réel qu’il s’approprie et montre sous un jour différent.

« On écrit avec une voix vivante à l’intérieur de soi » affirme le poète, dans son cheminement pour « la reconquête du Je par opposition au moi. » Il est plus que probable qu’en François de Asis, la peinture soit dictée par cette même voix. La venue d’Yves Bonnefoy à Aix est l’occasion de dévoiler une partie de cette connivence, à la galerie Vincent Bercker -et, plus brièvement, dans celle de Christophe Dejaune. Qui, dans ces touches de matière colorée, opaque, dense, ces harmonies de teintes si singulièrement abordées, peut reconnaître les abords de Sainte Victoire ou bien ceux de Venise ? Des lieux si fortement connotés, imprimés dans une mémoire quasi-collective, quel serait l’intérêt d’en proposer -encore- une nouvelle figuration immédiatement reconnaissable ? François de Asis, humblement, sincèrement, nous montre une autre réalité, par le filtre de sa propre réalité picturale. « Nous voilà déracinés de nos références traditionnelles » exprime Denis Coutagne. Et nous voici confrontés, dans une méditation silencieuse devant chacune de ses toiles, à ce va et vient entre notre connaissance consciente des lieux et les surgissements que la peinture convoque.

François de Asis, peintures
Galerie Vincent Bercker, 10 rue Matheron 13100 AIX EN PROVENCE
Jusqu’au 24 décembre.

 

Christiane Courbon

 





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