Exposition – « Le chez soi et l’ailleurs. L’autre côté du rêve » 2013

Dans le cadre de l'exposition 
"Le chez soi et l'ailleurs. L'autre côté du rêve" 
16 mai-27 juillet 2013 
Artistes invités: 
Gilles AILLAUD l Yves BELORGEY l Robert BLANC l Marie BOVO l Leïla BRETT l Hervé COQUERET l Marie DUCATE l Patrick EVERAERT l Valérie JOUVE l Bouchra KHALILI l Wolfgang LAIB l Philippe MAYAUX l Mathieu MERCIER l Guillermo MONCAYO l Martin PARR l Bernard POURRIERE l Claire TABOURET l Jennifer TEE l Tatiana TROUVE 
Projet Ulysses, un itinéraire d’art contemporain, réalisé en partenariat avec le Fonds Régional d’Art Contemporain de la région PACA – Commissaire d’exposition Christiane Courbon.

 

Aborder la figure d’Ulysse par le thème du voyage et de l’itinérance nous est très tôt apparu comme une évidence.

ARTEUM musée d’art contemporain, à Châteauneuf-le-Rouge, hébergé au-dessus de l’Hôtel de Ville, au 2ème étage du château reconstruit aux XVIIème et XVIIIème siècles sur les ruines de l’ancien Castrum, se situe à la croisée de chemins : dès la plus haute antiquité, la voie Aurélienne qui reliait Rome à Arles et à l’Espagne traverse ce territoire. Marseille, porte de l’Orient baignée par les eaux de la Méditerranée, passage obligé vers un lointain toujours convoité, en est l’avant-place, dans un des tracés qui conduisent vers le Nord les voyageurs y ayant accosté

 

Chez soi ailleurs et nostos

Ulysse, dans son périple, a connu différents lieux d’accueil, de refuge ou d’enfermement, parcouru des sites inconnus, qui ont contribué à construire l’homme et sa métamorphose. Surgit une identité double: celle du nomade et celle du sédentaire, toutes deux complémentaires. Questionner les problématiques propres à notre époque confère au personnage d’Ulysse une actualité manifeste.

L’exposition se partage en deux volets : un dans les murs du musée, l’autre dans le parc du château.

 

Musée :

L’homme, dans un entre-deux permanent, oscille entre désir –ou nécessité- d’évasion et attachement à ses racines. Il est des chez soi plus hostiles que certains ailleurs, il est des ailleurs à la félicité trompeuse. Mais la frontière est toujours ténue entre la fascination d’un ailleurs chimérique et le réel abordé. L’exposition s’invite dans le dédale des salles du musée : peinture, sculpture, installation, cartographie, vidéo, sérigraphie, photographie…

Dans une mise en tension entre présence et absence, humour et poésie, mythe et réalité, désir et crainte,  sentiments ambivalents et contradictoires, les œuvres réunies nous confrontent à nos propres questionnements, à notre histoire personnelle, mais aussi à une perception sensible du monde. Qu’est-ce qui nous lie à notre espace géographique, qu’est-ce que qui nous pousse à le remettre en question, de quoi est fait notre attachement à un lieu ? Est-il d’ordre physique, mental, culturel… tout à la fois ? Ce qui est espace vital pour l’un n’est-il pas synonyme d’enfermement pour l’autre ? A contrario, l’enfermement est-il toujours vécu comme une contrainte ? Quelle place occupe la nostalgie dans nos actes ? La quête de soi est au bout du chemin.

Dix-neuf artistes  explorent les territoires et leur imaginaire, la réalité contemporaine de l’émigration, les tentatives d’évasion, les espoirs d’autres cieux ou d’autres rivages. Mais aussi l’inévitable retour, l’impérieuse nécessité, au bout du conte, de poser ses bagages.

 

Parc :

En 2012, une première exposition préfigurait celle de 2013 et s’intitulait « Le chez soi et l’ailleurs». Six plasticiens, Joël Belouet, Alain Brunet, Sandro Della Noce, Pascale Mijares, Olivier Nattes et Benoît Rassouw s’interrogeaient : « Peut-on totalement larguer ses amarres pour la fascination d’un ailleurs ? Peut-on se sentir chez soi ailleurs ? » Des créations spécifiques dans le parc ont vécu une année au rythme du temps et se sont approprié l’endroit où elles sont implantées. Entre geste artistique et prise en compte de l’évolution naturelle avec l’environnement, les artistes nous invitent toujours à une déambulation parsemée de pauses. Par les sujets abordés, les pistes de réflexion, leurs installations  entrent particulièrement en résonance avec les œuvres du musée. Contrainte et liberté, itinérance physique ou parcours d’espaces numériques, dualité des sentiments, êtres et nature en osmose, sont au cœur de leurs interrogations.

 

CABANON VERTICAL :

2013 est l’occasion d’une création spécifique dans le parc qui a été confiée au collectif d’artistes à géométrie variable CABANON VERTICAL.  

Les fondateurs en sont Olivier Bedu, architecte DPLG et  Christian Geschvindermann, constructeur scénographe. Tous deux vivent et travaillent à Marseille. Les autres membres du collectif varient en fonction des rencontres et des besoins et la collaboration peut être éphémère ou durer toujours. Pour cette création, à la scénographe Juliette Morel et l’urbaniste Vaea Deplat, partenaires d’autres projets antérieurs ou concomitant, ont été associés le plasticien Arthur Poisson, l’architecte Alexandre Lucas et Camille Lamy, designer d’espace. 

Ce sont les zones de vide, les espaces interstitiels délimités par les haies de buis de l’ancien jardin à la Française qui ont intéressé le collectif d’artistes : « Dans un vocabulaire urbanistique, nous dirions que nous sommes ici en présence d’une parcelle non programmée. Pour un aventurier, il s’agirait d’une terre vierge à conquérir, d’un espace mystérieux à découvrir. »

Rôdé à l’aménagement du territoire nourri du regard que chacun porte sur les paysages urbains et ruraux, volontairement implanté dans l’espace public, CABANON VERTICAL a conçu cette installation intitulée « Au risque de se perdre » comme un périple initiatique de dimension spectaculaire sur le mode du voyage d’Ulysse, un dispositif “scénique“ fait d’éléments d’architecture dissociés, de dispositifs ponctuels intégrant jeux de détours, illusions, perte de repères, découverte d’ailleurs, de nouveaux points de vue…

L’œuvre incite à la divagation physique autant qu’à la contemplation.  Tout est conçu pour qu’au détour des situations qu’ont imaginées les concepteurs, le promeneur, initialement mu par l’attraction de l’inconnu, s’abandonne à la rêverie, submergé par sa propre émotion esthétique, touché par la poésie que dégage l’association cadre naturel-acte créateur. Alors que le cheminement constitue une libre appropriation du lieu, la confrontation aux dispositifs induit un recentrement sur le détail, convoque une sorte de retour sur soi méditatif. Le parcours devient expérience intime et singulière.

 

Création poétique :

Dans cette œuvre où le spectateur pénètre et circule et se perd, le cheminement peut être celui de la paradoxale nostalgie d’un improbable retour. Le poète contemporain Maxime Hortense PASCAL écrit un poème dédié à l’œuvre et l’événement,  « Nostos », qui sera publié aux Editions Plaine Page.

 » l’affliction du nostos

mi désir mi douleur

on n’est loin que de soi 

(extrait)

Au cours de sa déambulation dans les méandres du chemin végétal scandé de fragments d’architecture, le promeneur percevra, au cœur d’évocations sonores et réminiscences de voyage, des passages dits par l’auteur, ainsi qu’une courte Déclaraction de Julien Blaine et sa lecture de Pénélopéia, comme une plongée en immersion dans l’univers d’Ulysse…

La conception sonore, réalisée au Conservatoire National à Rayonnement Régional de Nice a été confiée à Julian Mannarini et Jean-Baptiste Zellal, coordonnée par Gaël Navard et Michel Pascal. »

– Christiane Courbon.

 

Retour en haut