Nouveaux regards de l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence. Du 10 octobre au 29 décembre 2011, six étudiants diplômés de l’École supérieure d’Art Félix Ciccolini d’Aix-en-Provence, sont invités à s’approprier à tour de rôle l’abri du jardin de l’Atelier de Cézanne, en y exposant leurs œuvres. Ce rendez-vous, intitulé « Nouveaux regards », a été initié en 2010 par l’Office de Tourisme d’Aix-en-Provence. Michel Fraisset, directeur de l’Atelier Cézanne et Gabriel Maginier, conférencier en histoire de l’art, en ont concocté le projet qui se trouve reconduit cette année. Une initiative qui donne à ces jeunes talents l’impulsion de départ dans leur vie d’artiste, en leur permettant de présenter leurs ?uvres dans un lieu chargé de mémoire.

Calendrier :
Anaïs Belmont du 10/10 au 20/10.
Joël Bélouet du 24/10 au 3 /11.Vernissage le 24 octobre à 18h.
Younes Baba-Ali du 7/11 au 17/11. Vernissage le 7 novembre à 18h.
Lionel Montenot du 21/11au 1er/12. Vernissage le 21 novembre à18h.
Louise Lefort du 5/12 au 15/12. Vernissage le 5 décembre à 18h.
Natacha Gomet du 19/12 au 291/. Vernissage le 19 décembre à 18h.
Atelier de Cézanne 9 avenue Paul Cézanne 13100 AIX EN PROVENCE 04 42 21 06 53
www.atelier-cezanne.com
www.ecole-art-aix.fr

 

Anaïs Belmont

Anaïs Belmont

 

Dans l’immaculé d’un drap harmonieusement disposé, se love une belle dormeuse qu’on croirait immobile, flottant dans l’espace, comme en apesanteur . On est, derrière le rideau noir qui voile l’accès au cabanon du jardinier Vallier, dans une autre temporalité, des questionnements nés dans les siècles passés et traités de façon contemporaine : Anaïs Belmont propose une œuvre d’une infinie poésie, d’une picturalité proche de celle de la peinture. Une photographie ? Approchons-nous et prenons le temps. Ce temps sur lequel Anaïs a décidé de s’attarder… Baignés de sérénité, concentrés et retenant notre souffle, nous percevons alors celui, régulier et discret, qui anime le sommeil léger dans lequel le modèle est plongé. Le modèle est bien vivant.
Anaïs raconte comment lui est venu le déclic : « Un jour, j’ai trouvé un ami, endormi dans une position picturale. Le poing levé comme pour un départ en guerre, mais le visage apaisé. Il évoquait un tableau. Cela faisait quatre ans que je travaillais la peinture et je n’avançais plus. Je me suis dit : je dois m’orienter vers la vidéo. » Faire mûrir le projet… Il lui a fallu résoudre les questions matérielles basiques. Le nu, sa sensualité, mais une certaine pudeur du sommeil. D’où l’idée, pour voiler la nudité, du drapé que la lumière est venue modeler : la peinture arrivait, dans la veine des baroques, dans l’exploration des clairs obscurs, une filiation plus ou moins consciente dans la droite ligne du Caravage, de Georges de La Tour. La peinture baroque traitée par un médium contemporain. Un travail d’une grande exigence pour la jeune artiste, mais l’exigence est aussi du côté du spectateur : il faut savoir patienter, curieux, guetter parfois le battement du cœur dans la jugulaire. Anaïs a conçu 7 dormeurs. Projetée à taille réelle, l’œuvre est émouvante.

Christiane Courbon.

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